Le football africain fait face à une nouvelle incertitude majeure avec le report de la CAN 2027 qui gagne du terrain dans les discussions. Co-organisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, la prochaine Coupe d’Afrique des nations pourrait être décalée d’un an.
Selon des informations relayées par The Guardian et confirmées par plusieurs sources, cette perspective émerge à quelques jours d’une réunion clé du comité exécutif de la CAF à Dar es Salaam.
Le report de la CAN 2027 plébiscité par le Kenya pour éviter les violences électorales
Nicholas Musonye, président du comité d’organisation kényan, a déclaré que le report à 2028 « serait une bonne chose pour le Kenya ». La raison principale repose sur le calendrier électoral : les élections législatives et présidentielles sont prévues en août 2027, période historiquement propice à des tensions et violences. Le pays a connu des drames similaires en 2007 et 2017, avec plus d’une centaine de morts lors de manifestations post-électorales. Un tel contexte rendrait la sécurité difficile à garantir pour un événement d’envergure comme la CAN.
Ce scénario s’applique également aux voisins : l’Ouganda sort d’élections contestées avec des accusations de répression, tandis que la Tanzanie a vu des milliers de manifestants touchés par les forces de sécurité après un scrutin jugé frauduleux récemment. Le report de la CAN 2027 permettrait ainsi d’éviter un chevauchement risqué entre football et politique explosive.

Infrastructures insuffisantes : la principale crainte derrière le report
Au-delà des enjeux sécuritaires, les doutes portent sur la préparation des infrastructures. La CAF exige des standards élevés pour accueillir 24 équipes sur 10 villes différentes. Des inspections en cours (du 11 au 17 février 2026) évaluent les stades comme Kasarani et Nyayo au Kenya, Mandela National en Ouganda ou des sites à Hoima et Dar es Salaam. Plusieurs membres du comité exécutif de la CAF expriment de sérieuses inquiétudes sur la capacité des trois pays à finaliser les chantiers à temps.
Malgré la confiance affichée par le président Patrice Motsepe il y a peu, la réalité du terrain semble différente. Le trio avait déjà co-organisé le CHAN récemment, mais passer à la CAN représente un saut qualitatif majeur. Le report de la CAN 2027 à 2028 offrirait douze mois supplémentaires pour achever les travaux et respecter les normes mondiales.
Conséquences sur le calendrier continental
Si le report de la CAN 2027 est acté, l’édition 2028 (initialement prévue) serait probablement supprimée pour aligner le tournoi sur le nouveau cycle quadriennale décidé par la CAF fin 2025. Cela marquerait un tournant : la CAN 2027 serait la dernière en année impaire avant un passage définitif aux années paires à partir de 2029 ou 2030.
La décision finale devrait tomber après la réunion du comité exécutif ce vendredi 13 février à Dar es Salaam. En attendant, les trois pays hôtes intensifient leurs efforts, avec des dépôts financiers déjà effectués par l’Ouganda et la Tanzanie. Le Kenya suit de près.
Le report reste une option sérieuse pour préserver la sécurité, la qualité et l’image du football africain. Les fans du continent attendent avec impatience l’issue de ce dossier crucial pour l’avenir de la compétition phare.
