La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qui s’ouvre le 21 décembre au Maroc, est déjà sous le feu des critiques à peine 18 jours de son coup d’envoi. Ce mercredi 3 décembre, la FIFA a officialisé une décision qui pourrait bien faire grincer des dents : la période de mise à disposition des joueurs africains est repoussée du 8 au 15 décembre.
Cette mesure, inspirée de la Coupe du Monde 2022, réduit d’une semaine la préparation des 18 nations qualifiées, au profit des clubs européens. La disposition des joueurs pour la CAN 2025 devient un casse-tête majeur, entre calendriers surchargés et pressions croisées.
Dans un communiqué adressé aux fédérations et clubs, la FIFA justifie ce choix par un « équilibre nécessaire » entre obligations internationales et intérêts des ligues domestiques. « La période de mise à disposition sera réduite de sept jours et débutera le lundi 15 décembre 2025 », précise l’instance. En clair, les stars africaines comme Mohamed Salah (Liverpool), Pierre-Emerick Aubameyang (Marseille) ou Achraf Hakimi (PSG) pourront disputer les dernières journées de championnats et les 8es de finale aller de Ligue des Champions, souvent programmés les 13-14 décembre. Une aubaine pour les entraîneurs, mais un cauchemar pour les sélectionneurs.
Soulagement des clubs, colère des sélections : La disposition des joueurs pour la CAN 2025 en péril
Du côté européen, c’est le soulagement total. Ligue 1, Premier League, Serie A et Bundesliga conservent leurs pépites africaines pour les matchs décisifs de fin d’année. Mehdi Benatia, directeur du football à l’OM, n’a pas mâché ses mots sur RMC : « Tous les clubs travaillent pour garder un maximum d’internationaux. Pour nous, ce serait idéal jusqu’au 15 décembre, pour le match de Ligue des Champions et celui contre Monaco. » Arne Slot, coach de Liverpool, a confirmé que Salah ne rejoindra l’Égypte qu’à cette date, évitant un vide en pleine course au podium.
Mais pour les équipes de la CAN 2025, la disposition des joueurs tourne au drame. Stages raccourcis, matchs amicaux annulés, listes finales à adapter dans l’urgence : plusieurs sélectionneurs parlent de « manque de respect flagrant« .
Pourquoi la FIFA a cédé ?
La FIFA, initialement ferme sur le 8 décembre (conformément au règlement des 13 jours avant le tournoi), a plié sous la menace d’une fronde des clubs via l’ECA (Association Européenne des Clubs). Pour éviter un bras de fer judiciaire, l’instance « encourage » les négociations bilatérales : si un club libère son joueur plus tôt, tant mieux ; sinon, pas de sanction jusqu’au 15.
Une flexibilité qui profite aux mastodontes comme Manchester United (Bryan Mbeumo, Amad Diallo) ou le PSG (Hakimi), mais qui marginalise la CAN, déjà critiquée pour son calendrier hivernal. Cette disposition des joueurs pour la CAN 2025 expose les failles d’un calendrier mondial déséquilibré. À trois semaines du tournoi, la FIFA a gagné du temps, mais perdu en crédibilité.
