Plusieurs mois après la finale explosive de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, la toile a enfin la réaction d’Hervé Renard sur l’affaire des serviettes qui continue de faire parler.
Cette scène surréaliste, où staffs et joueurs des deux camps se sont disputé une simple serviette posée près de la cage d’Édouard Mendy, a marqué les esprits. Hervé Renard, ancien sélectionneur du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de la Zambie, a livré son analyse éclairée sur cet épisode qui a dépassé le simple cadre sportif.
Une finale CAN 2025 déjà tendue avant l’incident des serviettes
Le match, disputé au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat, avait déjà offert son lot de controverses : contestation sénégalaise après un penalty accordé à la dernière minute des prolongations, tentative de panenka ratée par Brahim Diaz, puis victoire aux tirs au but. Mais c’est hors du rectangle vert que le spectacle a viré au grotesque. Des ramasseurs de balles marocains ont tenté de déplacer la serviette du gardien sénégalais, bientôt rejoints par Ismaël Saibari côté Maroc et Yehvann Diouf côté Sénégal venu protéger le bien de son coéquipier.
Ce qui semblait anodin a dégénéré en bousculades et en invectives, sous les yeux médusés des téléspectateurs du monde entier.
Renard sur l’affaire des serviettes : des croyances et des symboles méconnus en Europe
Interrogé récemment, le technicien français a tenu à contextualiser cet incident avec son expérience unique de sept Coupes d’Afrique des nations disputées sur le banc africain. Hervé Renard sur l’affaire des serviettes explique que « les gens qui ne connaissent pas l’Afrique ne peuvent pas comprendre la raison de la serviette ». Selon lui, cet objet banal peut porter une signification bien plus profonde.
« La serviette, elle a quelque chose, mais ça serait trop long pour l’expliquer. Mais c’est parce que c’est un objet qui a quelque chose. Donc si quelqu’un a voulu l’enlever, c’est pour perturber », a-t-il déclaré. Il évoque explicitement la possibilité que la serviette ait été « bénie » ou porte une valeur spirituelle ou superstitieuse. Renard insiste : ces croyances occupent une place importante dans le football africain, et ce qui paraît absurde vu d’Europe peut revêtir une importance capitale sur le continent.

Entre superstition, provocation et rapport de force
Hervé Renard sur l’affaire des serviettes nuance toutefois son propos. Il précise qu’il n’était pas dans le vestiaire et qu’il n’a pas la certitude absolue de ce qui s’est passé. « Il n’y a peut-être rien sur cette serviette », concède-t-il, avant d’ajouter une autre piste : « Ou alors, c’est pour se montrer que même si vous êtes chez vous, les Marocains en l’occurrence, on ne va pas se laisser faire. La serviette, elle restera là. »
Pour Renard, cet épisode illustre les « particularités » du football africain, où le mental, les rituels et les symboles peuvent peser autant que la tactique ou la technique. Après avoir dirigé des sélections très différentes, il connaît bien ces codes culturels souvent invisibles pour les observateurs extérieurs.
Cette déclaration vient rappeler que la finale CAN 2025 n’a pas seulement été décidée sur le terrain. Elle a aussi été le théâtre de tensions psychologiques et culturelles qui dépassent largement le cadre sportif. Hervé Renard, avec son vécu unique, offre une grille de lecture précieuse pour comprendre pourquoi une simple serviette a pu devenir le symbole d’une bataille d’ego, de croyances et de fierté nationale.
