La rencontre entre Ronaldo et Trump a fait l’effet d’une bombe au Portugal. Ce mercredi 19 novembre 2025, Cristiano Ronaldo, icône nationale et star d’Al-Nassr, a été reçu en grande pompe à la Maison-Blanche par le président américain Donald Trump, aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
Si les photos et vidéos de ce dîner black-tie ont enflammé les réseaux, elles ont aussi suscité une vague de dégoût et de critiques acerbes au pays de CR7. Accusé de se prêter à un « sportswashing » (en français : « blanchiment par le sport ») controversé, Ronaldo divise plus que jamais.
Un accueil royal pour CR7, entre honneurs et ironie
La rencontre entre Ronaldo et Trump s’est déroulée dans un cadre somptueux : dîner d’État au 1600 Pennsylvania Avenue, avec Elon Musk, Gianni Infantino (président de la FIFA) et des milliardaires en invités. Trump, fan déclaré, n’a pas lésiné sur les compliments : « Mon fils Barron est un grand fan de Cristiano. Il l’a rencontré, et je pense qu’il me respecte un peu plus maintenant que je vous ai présenté (rires). Merci d’être là, c’est un honneur. » Les services de la Maison-Blanche ont ensuite posté une vidéo des deux hommes marchant côte à côte, légendée « Two GOATS. CR7 x 45/47« . C’est un clin d’œil au numéro de Ronaldo et aux mandats présidentiels de Trump.
Two GOATS.
— The White House (@WhiteHouse) November 19, 2025
CR7 x 45/47@Cristiano 🔥 pic.twitter.com/QA4Dw0s1lr
Ronaldo, lui, a répondu sur Instagram avec un message lisse : « Merci, Monsieur le Président, pour votre invitation et l’accueil chaleureux réservé à ma future femme Georgina et moi-même. Chacun d’entre nous a quelque chose d’important à offrir, et je suis prêt à inspirer les nouvelles générations pour un avenir fondé sur le courage, la responsabilité et une paix durable. » Post liké 18 millions de fois, dont par Neymar père et fils, Luis Figo ou Marcelo. Mais derrière ce coup de com’ XXL, les ombres planent : cette visite marque le premier retour de CR7 aux États-Unis depuis 2009, époque des accusations de viol par Kathryn Mayorga (qu’il a toujours niées).
Au Portugal, une idole qui déçoit et divise

La rencontre entre Ronaldo et Trump passe mal outre-Manche. Le président Marcelo Rebelo de Sousa tente de minimiser : « Ronaldo est un génie. Le Portugal lui doit énormément en prestige. Vu sa notoriété, ce n’est une surprise pour personne. » Mais sur les réseaux et dans les médias, la colère gronde.
L’ancienne journaliste Ana Garcia Martins (1 million de followers) a ironisé sur un selfie de Ronaldo avec Trump, Musk et d’autres : « Assister au dernier match de qualification de l’équipe nationale ? Non, car il n’aime pas être le centre de l’attention. Aller à la Maison-Blanche pour tapoter le dos de Trump ? Bien sûr, sans problème.«
João Nuno Assunção, éditorialiste de SIC, est plus tranchant : « Cristiano Ronaldo n’avait pas besoin de ça. Il n’avait pas besoin de s’associer à un gouvernement accusé de violations des droits de l’Homme, ni d’entacher son nom avec un prince soupçonné dans l’assassinat de Khashoggi. Ronaldo a une fortune et un respect unanimes au Portugal. Il véhiculait une image de paix, et il a risqué tout ça pour un régime liberticide. » Tiago André Lopes de CNN Portugal renchérit : « C’est une tentative saoudienne de normalisation internationale, et Ronaldo s’est laissé instrumentaliser. Il est apolitique d’habitude, c’est indigne.«
Même Amnesty International s’y met : « Ronaldo est un exemple pour les enfants du monde. On attend plus de lui : qu’il se batte pour les droits humains. Regrettable qu’il n’ait pas profité de cette rencontre entre Ronaldo et Trump pour alerter sur les violations saoudiennes ou américaines, comme à Gaza.«
Un sportswashing qui masque les zones d’ombre

Au-delà du Portugal, la rencontre entre Ronaldo et Trump est vue comme un pur exercice de propagande. Ronaldo, ambassadeur officieux de l’Arabie saoudite depuis son arrivée à Al-Nassr en 2023, accompagne MBS dans sa quête de légitimité post-Khashoggi. Trump, de son côté, consolide ses liens avec Riyad pour le Mondial 2026 (co-organisé USA-Canada-Mexique) et des investissements massifs. Les critiques fusent : accusations de complaisance avec des régimes accusés de fournitures d’armes à Gaza, de répression et de violations des droits humains. Sur X, des posts ironisent : « Cancel Ronaldo parce qu’il a rencontré Trump, vous vous droguez ou quoi ? » tandis que d’autres dénoncent un « ruining his image ».
Pourtant, Ronaldo reste muet sur la polémique, focalisé sur son rôle d’inspiration. Mais au Portugal, où il est quasi divin, cette visite risque de laisser des traces. Comme le résume Assunção : « Malheureusement, les gens oublient vite. » Vraiment ? Avec 7,7 millions de likes sur le post officiel, l’image est virale, mais le doute s’installe.
