Comment est né la Panenka, le geste qui a coûté cher à Brahim Diaz ?

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Le football adore les légendes, mais il peut être impitoyable avec ceux qui osent trop. En tentant une Panenka lors de la finale de la CAN 2025 face au Sénégal, Brahim Diaz a déclenché une tempête de critiques. Jugé arrogant par certains, imprudent par d’autres, le milieu du Real Madrid a pourtant choisi un geste chargé d’histoire et de symbolique. Retour sur l’origine de la Panenka, ce tir audacieux inventé il y a près de 50 ans et qui continue de fasciner comme de diviser.

L’origine de la Panenka : un soir de juin 1976 à Belgrade

Tout commence le 20 juin 1976, en finale de l’Euro, à Belgrade (Yougoslavie). La Tchécoslovaquie affronte l’Allemagne de l’Ouest, tenante du titre mondial et emmenée par Franz Beckenbauer. Le match se termine sur un score de 2-2 après prolongation. Direction les tirs au but.

Les Allemands ratent une tentative. À Antonin Panenka, milieu offensif discret du Bohemians Prague, de sceller le destin de son pays. Face à lui : Sepp Maier, l’un des plus grands gardiens du moment. La pression est énorme. Au lieu de viser la lucarne ou le ras du sol, Panenka pose calmement le ballon, prend trois pas d’élan… et lobe doucement le gardien qui plonge sur sa gauche. Le ballon retombe mollement au centre du but. But. La Tchécoslovaquie est championne d’Europe pour la première fois de son histoire.

Cette soirée est officiellement à l’origine de la Panenka : un geste de sang-froid absolu, une provocation technique assumée, un pari fou qui paie.

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Antonin Panenka

Pourquoi ce tir porte-t-il le nom de Panenka ?

Antonin Panenka, aujourd’hui âgé de 77 ans, n’a jamais cherché la célébrité. Il a même décidé par la suite de ne plus tenter ce geste sur penalty, préférant ne pas banaliser ce moment unique. Pourtant, son nom est entré dans le langage footballistique mondial. L’origine de la Panenka reste indissociable de cet exploit : un tir qui défie la logique du « frappe fort et vise un coin », au profit d’une maîtrise psychologique totale.

Depuis 1976, des légendes ont repris le flambeau avec succès : Zinédine Zidane en finale de Coupe du monde 2006, Francesco Totti à l’Euro 2000, Lionel Messi en Liga, Ronaldinho au Barça, Andrea Pirlo en demi-finale de l’Euro 2012… Chaque fois que la Panenka réussit, elle est célébrée comme un acte de génie.

Brahim Diaz et la face sombre de la Panenka

Penalty raté de Brahim Diaz
Crédit Photo : DR

Quand elle rate, en revanche, elle devient cruelle. Brahim Diaz en a fait les frais en finale de la CAN 2025. Édouard Mendy reste planté sur ses appuis, capte facilement la balle lobée. Le penalty raté scelle la défaite marocaine et transforme le meilleur buteur du tournoi en cible des critiques. Pourtant, en choisissant la Panenka, Diaz s’inscrivait dans une lignée d’audacieux, ceux qui osent quand tout repose sur leurs épaules.

L’origine de la Panenka rappelle une vérité simple : ce n’est pas un geste technique banal, c’est un acte de confiance extrême. Il faut un mental d’acier pour l’exécuter, et une dose de folie pour l’oser sous une telle pression.

Aujourd’hui, la Panenka reste l’un des tirs les plus polarisants du football. Symbole de culot pour les uns, d’arrogance pour les autres, elle continue de faire vibrer les débats. Brahim Diaz paie cher son échec, mais il marche dans les pas d’Antonin Panenka : celui qui, un soir de 1976, a osé défier le monde… et gagné.

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